De malchance en malchance...

Sans la venue de Michel, je n’aurais jamais vu que j’avais une fuite dans ma salle de lavage. Elle est située à l’arrière de la maison, et je ne vais qu’une fois par jour dans cet aménagement aux proportions réduites. Je me suis chargé de ranger les vêtements et de m’occuper de remplir la laveuse. Ma conjointe a d’autres tâches ménagères, comme de s’occuper seule de la cuisine, y compris de son nettoyage et de la tenue du réfrigérateur. Comme j’aime faire quelques plats, elle me laisse son antre de temps en temps. De son côté, elle ne vient que rarement dans la salle de lavage. Des produits ménagers sont rangés dans cette pièce, sur des étagères en hauteur. J’avais demandé à mon ami de m’apporter du vinaigre blanc, car une bière s’était renversée sur la terrasse, et je voulais que l’odeur parte rapidement. 

Nous étions en train de discuter de mes voisins qui avaient probablement eu la chance de trouver le meilleur couvreur anjou pour effectuer leurs travaux, quand j’ai fait un geste brusque du bras, suite à une piqûre de moustique. J’ai essuyé avec ce que j’avais sous la main, c’est-à-dire un torchon, et j’ai envoyé Michel me chercher le liquide nettoyant. Quand il revint, il m’annonça que de l’eau s’écoulait de la laveuse. J’ai pris des chiffons, pour éponger la flaque qui s’était formée sous la machine. Pendant ce temps, mon ami était parti chez lui. Il ne m’abandonnait pas, il prenait tous ses outils pour dépanner l’appareil défectueux. Comme il habite à moins de cinq minutes à pieds de chez moi, j’ai été étonné de ne le voir revenir qu’après une trentaine de minutes. Il avait eu un problème invraisemblable, et j’ai écouté son récit, un peu incrédule au début. 

Comme il me produisait les preuves de ce qu’il avançait, j’ai été stupéfait qu’il ait joué de tant de malchance, et d’être ensuite, extrêmement chanceux. Il cherchait quelques-uns de ses outils, mais, sûr de connaître son atelier parfaitement, il n’avait pas allumé la lampe. Le demi-jour qui filtrait à travers les persiennes lui suffisait à se repérer. Et, pourtant, il mit la main dans un tiroir, et il se blessa au pouce en s’enfonçant un clou rouillé dedans. Un peu paniqué, il ressortit la main brutalement, et le clou partit de la plaie tout en même temps. Le sang coula et il enroula un tissu propre autour de son doigt. Il désinfecta la blessure, et il constata que le trou n’était pas si profond, ni si large que ce qu’il avait senti.