Un homme qui cuisine et qui décore...

Un homme qui cuisine et qui décore... - Normand Martel

Pour changer ma décoration, j’avais pris des conseils auprès de Johanne. Elle a un œil avisé. Elle me montra quelques idées de style qu’elle appréciait. Je voulais de la couleur, de la lumière. Elle me montra les tissus Néo Memphis. Pour recouvrir mon divan, un décor d’ananas jaune fut ma première option, mais je suis revenu sur mon choix quand j’ai découvert un imprimé avec des perroquets et des fleurs tropicales. Une fois que le meuble fut remis au goût du jour, j’ai décidé que ma chambre devait être, elle aussi, changée. J’avais pris le parti d’un décor asiatique, quand je m’étais installé. Je m’étais lassé des montants en bambous de mon lit. J’en ai pris un autre, avec un cadre en fer. Je voulais une installation romantique, je reconnais que c’était surtout pour faire plaisir à ma conjointe. 

La tenture murale fut échangée contre un papier peint sobre, de couleur beige, avec des fleurs de lys imprimées en doré. Des portraits, trouvés chez des antiquaires, vinrent compléter cet aménagement. Les rideaux furent remplacés par des voilages blancs. Dans la cuisine, j’ai proposé à ma conjointe de mettre un piano de cuisson et de l’entourer de nouveaux éléments, en chêne massif blanchi. J’ai ajouté des casseroles en cuivre, suspendues sur un des murs. Ces quelques améliorations ont insufflé un nouveau style dans cette pièce autrefois très banale. Une suspension en cuivre rose a complété cette atmosphère folk. Après tous ces changements, notre maison était complètement transformée. J’étais satisfait et je me suis empressé d’inviter mes parents pour qu’ils voient ces transformations. De plus, je voulais leur donner les coordonnées de conseillers en gestion de patrimoine qui nous ont parfaitement bien servis.

Un samedi midi fut le moment où nous nous sommes retrouvés. J’ai entendu leurs commentaires élogieux, qui m’ont rassuré. Ma mère a tant aimé la cuisine, qu’elle a demandé à mon père d’en faire une pareille au chalet qu’ils possèdent à Magog. Des bouchées apéritives au saumon ont été dévorées à une vitesse hallucinante. Le plat principal, constitué d’un rôti de porc aux pommes et de risotto au lait de coco, a été apprécié par tous. Le moment du dessert vint, et j’ai constaté que nous n’avions rien à proposer à nos invités. Avec du mascarpone, battu, j’ai fait des verrines. Des morceaux de poires caramélisées à la poêle étaient placés au fond et recouverts de la crème. Cette fin de repas a fait l’unanimité.